L'excommunication du jour : le centre commercial

Publié le par Simon Castéran

© Guillaume Boutanox

© Guillaume Boutanox

Je déteste les centres commerciaux.

Je les hais.

Si l'Enfer devait un jour être sur Terre, nul doute qu'il y aurait un centre commercial à proximité. Car qu'y a-t-il de plus insultant pour l'âme humaine, de plus fourbe et menteur que ces lieux clinquants de fausse joie où Sisyphe avance courbé, poussant son chariot éternel ?

Tout est là, pourtant, pour le réjouir : vêtements, bijoux, écrans, l'alcool bien sûr et les autres merveilles. De quoi lui faire oublier son quotidien et lui rappeler, dans le même temps, qu'il doit y subvenir. Alors il déambule le long des sillons que lui dessinent les rayonnages, placide comme le boeuf qui labourait autrefois ce même champ, avant qu'il ne soit noyé par le béton.

Longtemps j'ai cru que c'était les boeufs qui tiraient la charrue. Je l'ai cru aussi quand on m'a dit que c'était la consommation des ménages qui tirait la croissance. Et que si cela ne suffisait pas, le Président irait même la chercher avec les dents. Comme le bout de viande qu'un chien errant arrache à la biche fanée. Mais aujourd'hui les boeufs ne tirent plus la charrue. Ils la poussent.

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Matt 30/11/2013 18:03

c'est pas faux !

Flo 29/11/2013 18:29

Je partage ton aversion pour les "temples de la consommation". Si je puis me permettre d'ajouter à ta métaphore : les bœufs poussent la charrue et les élus courent derrière.

Simon Castéran 29/11/2013 18:43

Si on veut filer la métaphore, il y a d'abord le publicitaire qui pousse au cul du consommateur, puis l'annonceur, le distributeur, et les élus qui courent autour comme des supporters du Tour de France... Parce que tout est bon pour encourager la croissance ! Hop hop hop, on ne faiblit pas !